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L'actu vue par Laurent DECLOITRE

L'actu vue par Laurent DECLOITRE

Les articles de Laurent Decloitre sur la Réunion et l'océan Indien parus dans Libération, l'Express et la presse nationale.

Publié le par Laurent DECLOITRE
Publié dans : #Articles parus dans d'autres médias

Dossier paru dans le N° 205 de l'Entreprise, décembre 2010

Laurent DECLOITRE

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Biotechnologies
Adip’sculpt

ADIP-SCULPt.jpgA force de chercher, à l’Inserm (Paris), puis à l’université de la Réunion, Franck Festy a trouvé. En 2005, ce docteur en biologie dépose un brevet international pour protéger son invention : un kit qui permet de prélever par liposuccion de la matière adipeuse, de traiter cette graisse pour en extraire des « molécules souches », très fines, puis de les réinjecter dans le visage afin de le rajeunir. Le tout en moins d’une heure. Une première mondiale, bien moins traumatisante que la méthode habituelle de lipofilling et ses grosses aiguilles. Franck Festy et son associé, Régis Roche, lauréats
du concours national pour la création d’entreprises innovantes du ministère de la recherche, ont bénéficié de l’aide du réseau public Oséo et de l’incubateur de la Réunion.

La crise de la vache folle n’a pas facilité leur tâche : l’enzyme, qui « digère » la graisse et la rend plus facilement injectable, étant issu du bœuf, ils ont perdu deux ans, et 100 000 euros, avant d’obtenir la procédure d’autorisation de vente. Aujourd’hui, ils font fabriquer le kit plastique à Besançon et produire l’enzyme en Allemagne. Les distributeurs d’Adp’sculpt ont déjà prévendu les quelque 400 kits en cours de stérilisation à des chirurgiens esthétiques de France, Belgique, Allemagne et Brésil. Franck Festy prévoit d’écouler 1500 kits en 2011, avant de monter encore en puissance. Les deux associés reviennent d’une mission en Chine et en Afrique du Sud et poursuivent la recherche sur la régénération des tendons du cheval, l’incontinence urinaire, les problèmes érectiles... 
Salariés : 5
Chiffre d’affaire : 100 000€ (non significatif)
franck.festy@adipsculpt.com

Protection des sites web

Binarysec

binary.jpgConfiant, Richard Touret. Le président de Binarysec, la société qu’il a créée en 2007 après deux ans d’incubation, compte conquérir le monde. « On a breveté un produit unique en son genre, il suffit maintenant de le faire connaître », assure-t-il, un œil déjà fixé sur la silicon valley de San Francisco, aux Etats-Unis, où il compte ouvrir une succursale l’an prochain. Son invention ? Un super firewall ou antivirus, qui, à la différence des logiciels existant, protège les couches ultimes des sites et applications internet des entreprises et administrations. Mieux : cet outil d’intelligence artificielle peut « apprendre » le trafic d’un site, le modéliser et ensuite bloquer les intrusions dangereuses, qu’il s’agisse de vol de données, de cheval de Troie, de « maquillage » de site... La petite centaine des clients de Binarysec est principalement basée à la Réunion, mais Richard Touret compte protéger 10 000 sites dans deux ans, en Europe et aux Etats-Unis.
Effectifs : 7 salariés

Chiffre d’affaires 2010 : moins de 1 million d’euros
http://www.binarysec.fr/ 

Programmes humanitaires

Evaluation Sud

hibon.jpgDurant des années, Paul Hibon a incité les entreprises du monde entier à s’installer sur l’île de la Réunion. Aujourd’hui, l’ancien directeur de l’Agence de développement cherche à exporter les compétences locales dans les pays du tiers monde. Un retour aux sources pour ce diplômé de l’école supérieure de commerce de Paris, qui a longtemps travaillé dans l’humanitaire avant de s’installer dans l’océan Indien. Paul Hibon, 43 ans, a créé en avril dernier Evaluation Sud, « pour donner plus de sens » à sa vie professionnelle. Son savoir-faire : évaluer les programmes humanitaires ou en concevoir. Ses clients : les ONG, les bureaux d’études, les organisations internationales. Comment une si jeune entreprise, perdue au bout du monde, peut-elle remporter des appels d’offres sur ce créneau hyper concurrentiel ? « Notre plus-value, c’est de proposer un savoir-faire du sud pour des pays du sud. On est spécialisé dans la problématique du développement insulaire et tropical », convainc Paul Hibon. Cap Vert, Sierra Leone, Burundi, Inde, Brésil… Les missions s’enchaînent, le Réunionnais décolle du petit aéroport Rolland Garros, à Saint-Denis, pour vérifier si l’argent dépensé par les ONG a été utilisé à bon escient de par le monde. Des audits sur le terrain, au plus près des bénéficiaires, planteurs d’ananas, handicapés ou enfants des favelas… Pour l’instant, le Réunionnais, qui parle quatre langues, se déplace lui-même mais il compte recruter.
Effectifs : 1 gérant et des missionnaires
Chiffre d’affaires 2010 : 90 000€
paulhibon@gmail.com

Topographie au laser 3D

HDTR
guilloux.jpgIl n’hésite pas à s’associer à des concurrents de métropole pour répondre à des appels d’offre à la Réunion. Une façon de faire découvrir aux donneurs d’ordre son outil révolutionnaire encore peu utilisé localement : le laser scanner en trois dimensions. Laurent Guilloux, 45 ans, ancien militaire, est géomètre topographe. Particularité d’HDTR, la société qu’il a créée en 2006 : nul besoin de plusieurs opérateurs pour effectuer les relevés de bâtiments, routes, terrains… Laurent Guilloux peut travailler de nuit, sur une voie sans couper la circulation, dans l’enchevêtrement d’un complexe industriel, et rendre un fichier numérique incroyable de réalisme. De véritables films d’animation en 3D. Outre le côté spectaculaire, sa technique permet des gains de rapidité et de précision considérables. Le laser peut prendre 4000 points en quelques secondes, centimètre après centimètre. Le résultat est d’autant plus utile que Laurent Guilloux travaille souvent de pair avec un expert en thermographie, qui repère les déperditions éventuelles de chaleur ou les exfiltrations d’eau. A ce jour, HDTR a des clients à la Réunion, mais également à Madagascar et en métropole, où la société réunionnaise vend ses services à des cabinets de géomètre. Le chef d’entreprise compte ouvrir un bureau à Maurice l’an prochain et prend actuellement des cours d’anglais technique pour s’implanter, à terme, en Afrique du Sud. « J’espère doubler mon chiffre d’affaire en deux ans et rayonner sur l’océan Indien », confie-t-il.

Effectifs : 1
Chiffre d’affaires 2009 : 110 000€
http://www.hdtr.re/ 

Restauration hospitalière

Qualicarry

QUALICARRY.jpgLa carry est le « plat national » des Réunionnais : du riz, des « grains » (féculents), de la viande ou du poisson et des « brèdes » (légumes). Un régal. Or dans les cliniques, les hôpitaux, les maisons de retraite…, les menus sont parfois élaborés à partir de produits congelés, voire lyophilisés et importés de métropole. Fort de ce constat, Laurence Galaup, ancienne directrice de clinique, mais également titulaire d’un master « hôtelier » à l’Essec, a créé Qualicarry en janvier 2008. Ou comment nourrir les malades avec des produits frais de la Réunion et mijoter de bons petits plats « péi ». Le marché était tenu par le géant international Sodexo, mais la quadragénaire a joué des coudes, en implantant ses cuisines au cœur même des structures qu’elle dessert.

De 5 salariés à sa création, la sarl nourrit aujourd’hui 10 employés, dont un diététicien, et va recruter quatre autres personnes. « On lance un nouvel atelier, expérimental, plus soucieux encore des besoins nutritionnels de nos clients », salive la gourmande, à qui l’association Entreprendre au féminin avait décerné un prix en 2008.

Effectifs : 10 salariés
Chiffre d’affaires : 900 000€ (2010)
lgalaup@qualicarry.fr

Recyclage de pneus

Solyval
SOLYVAL.jpgEn 2002, la loi obligea les importateurs de pneus à récupérer les pneumatiques usagés et les valoriser. Johnny Law Yen, jeune patron d’une entreprise d’électricité, vit là une opportunité. En 2004, il crée avec Yves Le Gal, un ancien chef mécano de plateforme pétrolière, Solyval, dans la ville portuaire du Port. Le créneau parait porteur : « 90% de l’écoparticipation » payée par les automobilistes qui changent de pneus sont versés à Solyval. Soit 10€ par véhicule léger.
Les 4500 tonnes de pneus réceptionnés par an sont broyées en chips, des lambeaux d’une vingtaine de centimètres, ou réduits en granulats. Les chips peuvent servir de combustible pour les cimenteries ou d’éléments drainant dans le sous-sol. Les granulats constituent le sol souple des aires de jeux d’enfants ou des terrains de hockey, en Inde, et de foot, en Afrique du Sud ou au Mozambique. Environ 80% des produits traités partent à l’exportation ! « Mais il n’est pas facile de trouver un exutoire pour se débarrasser des produits », soupire Yves le Gal, devant un énorme tas de chips noirs.
Le marché réunionnais est trop exigu. Quant à l’exportation, il faut payer 80€ la tonne de fret, alors que les cours mondiaux ne dépassent pas 110€ à l’achat. La roue va-t-elle tourner ? Les voisins mauriciens pourraient faire appel à l’expertise de Solyval. Autre piste : trouver des applications à meilleure valeur ajoutée en micronisant les granulats. Mais il faudrait investir un million d’euros…
Effectifs : 9 salariés
Chiffre d’affaires (2009) : 1,9 millions d’euros

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